la maison

Culot 98

Joseph, Octobre 2016
C’est une maison discrète, un peu cachée, et pourtant au centre du village. Mon père la voulait harmonieuse et festive. Elle était sa mise en scène, sa représentation.

C’est une ferme traditionnelle du Brabant Wallon. Pierre l’a découverte en 1964. Elle était à l’abandon, au cœur du village. Il faut pourtant chercher pour la trouver. Elle est au bout d’un cul de sac dans lequel on doit s’engager si on vient en voiture. On peut la rejoindre à pieds après s’être garé près de l’église, en prenant le sentier le long du cimetière. Quand il a vu cette maison, l’artiste a su qu’il vivrait là. Il a deviné le potentiel de l’endroit. Il savait ce qu’il allait en faire.

« Cinq ans après sa mort la maison reste habitée. Il y a cette force, cette présence… Une dynamique bienveillante et apaisante. »

Joseph
Culot 87

Il a énormément soigné les choses même si tout a l’air simple, comme une évidence. Il n’a pas touché à l’extérieur du bâtiment. Il voulait respecter l’identité du lieu. S’ancrer dans sa discrétion au cœur du village. Pierre Culot a toujours eu un rapport étroit à l’architecture. Il en a fait une maison ouverte. La vie coulait entre les pièces et les murs. L’ambiance était belle, souvent festive. Son idée du beau passait par l’équilibre entre les genres. Il y avait des tableaux de tous styles et tous horizons. On voyageait entre audaces et références classiques. Ses œuvres côtoyaient sa collection. Rien ne choquait. Il n’y avait que des pièces uniques, mais des pièces simples, jamais ostentatoires.

Culot 1

l’atelier

Culot 160

« Pierre disait à ses collaborateurs que la terre avait une mémoire »

Pascal

Pascal, Octobre 2016.
L’Atelier Pierre Culot n’est pas une simple commémoration. Il salue, entretient une mémoire, mais il tient surtout à la faire vivre et rayonner. La résidence d’artistes qu’il propose en est la raison d’être.

Pierre disait à ses collaborateurs que la terre avait une mémoire. Lorsque l’on moule une pièce, toute pression ou tout relâchement se fait délicatement, mais sans hésitation. Toute brusquerie est un traumatisme. Toute négligence s’inscrit dans la terre. On ne peut pas se tromper car la cuisson fait ressortir les défauts. Ce sont des gestes simples, répétitifs, mais toujours différents. Des gestes qu’il faut reproduire. Une première cuisson, sans émaillage, se fait à 900°C. C’est le biscuit. On applique ensuite l’émail. S’il y a une part de création dans la vaisselle, c’est plutôt à ce moment-là. La seconde cuisson est délicate. Pierre encourageait ses artisans de simplement guider les nuances.

Artiste, artisan, Pierre ne faisait pas de différences. Ni entre le céramiste et le sculpteur. Ce qui comptait, c’était la personne. Il faut aimer ce que l’on fait. Vingt plats de la même apparence réclament chacun une même attention, mais il n’y en a pas deux qui soient identiques à la sortie du four. L’expression de l’artisan s’inscrit dans le respect du savoir-faire.

Culot 33

le jardin

Arnaud, Août 2016.
Le jardin de l’Atelier est un fil rouge avec les autres lieux. C’est le dernier espace que Pierre a aménagé. Paisible, tranquille, il témoigne de l’importance prise au fil du temps par la sculpture dans sa démarche.

On ne peut pas comprendre l’univers de Pierre sans découvrir le jardin. C’est une facette de son œuvre, importante et complémentaire à l’atelier comme à la maison. Une sorte de fil rouge qui relie l'ensemble. C’est le dernier lieu aménagé à Roux Miroir. On se promène dans son univers. Pierre a toujours été attentif à la réalisation d'un bol, d'un plat, d'une assiette,... mais ici, dans le jardin, on comprend combien la sculpture a pris de l’importance au fil des ans. C’est le témoignage. Les œuvres deviennent plus imposantes tout en restant discrètes, dans cet espace de verdure.

Culot 122
Culot 119

J’aime y emmener les visiteurs avant de faire découvrir l’atelier. L’expérience est unique. Il ne faut pas dire grand chose. C’est apaisant. Il y a ce premier mur. Puis ces monolithes, les Hommes debout jusqu’aux cadres bleus. Plus loin, il y a ces trois sculptures presque difficiles à distinguer. Tu devines l’esprit de résistance face à la montée d’un matérialisme nouveau à l’époque. Pierre doutait de l’idée que le bien-être matériel puisse rendre heureux. Il a été vers le dénuement. Ses œuvres sont plus impressionnantes, mais la réalisation est épurée. C’est familier et profondément harmonieux.

Arnaud
Culot 128